Je suis VRAIMENT exceptionnelle

Après une bonne tranche de rigolade hier et des examens à la pelle aujourd’hui, je me mets enfin à écrire mon article. Chose promise, chose due !

Depuis le début de cette grossesse extra utérine, j’ai des douleurs à gauche mais personne ne trouvait sa localisation.
J’ai fait 7 échos avec 4 gynécos différents et personne n’a été capable de découvrir où se logeait cet embryon ! Juste un petit kyste à gauche qui n’évoluait pas mais rien d’alarmant.

Depuis quelques jours, les douleurs se sont amplifiées à gauche de même que mon stress lié à une rupture de trompe. Je casse les pieds de Zazounet tous les soirs en lui disant que je risque de mourir d’une hémorragie interne dans la nuit. Un vrai moment de bonheur ! Moi, la guerrière, me voilà devenue une flipette pleurnicheuse… la loose !

Hier, il n’en a plus pu et m’a trainé de force aux urgences. Grand bien lui en a pris.

Le gynéco s’est senti très concerné et a voulu me garder pour une cœlio en urgence. J’ai supplié, j’ai pleuré, j’ai tempêté. Il s’est ravisé. En effet, Le seul truc qui le titillait c’est de ne pas savoir où chercher. Il a donc ordonné une IRM en urgence ce matin, un nouveau taux et une écho avec THE appareil. Il est parti à la recherche de la grossesse.
Ce matin donc, me voilà à faire la tournée des grands ducs des hôpitaux de ma ville.
Labo, IRM, Écho, Gynéco, tout le monde est sur le pont pour pouvoir m’opérer dans la journée. Pas le droit de boire ni de manger au cas où.

Et là… Surprise ! Ils trouvent enfin !!! Une grossesse, non évolutive (merci mon Dieu) sous l’ovaire à droite ! Oui, à droite !! Là où je n’ai aucune douleur !!! Sous l’OVAIRE !!!

Environ 3% des grossesses issues de FIV sont extra utérine. Déjà, tu te sens exceptionnelle.
Dans le cadre d’une GEU, 99% des grossesses sont tubaires (dans la trompe) et seulement 0,5% sur l’ovaire (les 0,5% restant sont les autres localisations). J’avais donc 0,015% de faire cette grossesse ovarienne.

Là tu te dis que tu es l’élue. L’élue de DNLP. Elle m’a choisie pour me faire chier jusqu’à la moelle.

La cœlio est donc encore plus embêtante puisqu’ils doivent inciser dans l’ovaire. Alors, autant une seule trompe permet d’avoir de l’espoir en FIV, autant, un seul ovaire, ça réduit complètement tes chances (surtout vu l’état de mon AMH, je rappelle que pour cette fiv, on n’a ponctionné que 4 ovocytes : 2 à gauche et 2 à droite) !
J’ai donc négocié âprement pour éviter la chir. Mon gynéco m’a laissé 24 heures. Nouveau taux demain. S’il n’a pas suffisamment baissé, il programme la cœlio pour mercredi. Je reste sur le qui-vive. J’y crois. Je me dis que c’est possible, que mon taux peut baisser et me laisser du répit et 2 ovaires….

La suite de mes aventures rocambolesques demain

Bisous.

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Psychologie quand tu nous tiens… 

Je sors des urgences. Je ferai tout un article là dessus parce que je suis encore toute retournée (genre, on vous garde pour la cœlio, on va enlever votre trompe… Drame, pleurs, angoisse, etc) je suis rentrée quand même chez moi avec 15 jours d’arrêts supplémentaires et une suspicion d’opération cette semaine. 

BREF… C’est pas là où je voulais en venir. 

Mon point principal c’est ÇA ! 

  
C’est tellement ÉNORME en terme de psychologie que j’ai éclaté de rire ! 

Je me suis dit que vous méritiez amplement votre tranche de rigolade en ce dimanche soir ! 

Bisous. 

Enfin !

Mon dernier article date d’une dizaine de jours et chaque étape depuis a été une mauvaise nouvelle. Après la piqûre de Méthotrexate, mon taux a continué de grimper et de grimper. Je continuais de bosser et de bosser.
Me noyer dans le travail me maintenait en vie et m’empêchait de m’effondrer. Jusqu’à la journée de trop…

Vendredi, mon gynéco (qui d’habitude est gentil et prévenant) me dit que je dois refaire une piqure de Métho (oui, je l’appelle par son petit nom maintenant…) et sa secrétaire (la désagréable, pas la gentille) m’oblige à passer au cabinet à l’autre bout de la ville pour récupérer mon pauvre bout de papier (parce qu’elle n’a pas le temps de l’envoyer par mail). Ce que je fais. Elle me jette mon ordonnance à la figure, m’aboie que le gynéco est débordé et que si ça ne va pas, je dois aller aux urgences… Charming.

Je me rends donc à la pharmacie avec mon sésame pour la piqure et là… coup de théâtre ! (je le fais bien hein ?!) la pharmacienne est choquée, elle me dit que ce produit doit s’injecter sous surveillance hospitalière, qu’elle ne peut pas le commander et qu’il faut que j’aille à l’hôpital. Une autre pharmacie confirme. J’appelle le cabinet qui est désormais fermé. J’appelle mon ancienne gynéco de Paris, avec qui j’ai gardé d’excellents rapports, qui confirme aussi… Je fonds en larme. Je me sens isolée, incomprise, mal prise en charge.
Je me rappelle que c’est moi qui avait exigé la PDS supplémentaire qui avait mise en évidence la GEU, que chaque rdv a été fait en urgence, en l’absence de mon gynéco et que maintenant qu’il était rentré de vacances, ce n’était pas mieux… j’en peux plus, je craque complètement ! Heureusement qu’on commence à s’y connaitre un peu en gynéco et surtout qu’on partage nos expériences (merci encore Simone, tu as probablement sauvé ma trompe)
J’écris donc un mail à mon gynéco en lui disant que j’ai désormais besoin de son aide et qu’une prise en charge adaptée est nécessaire et je me rends à l’hôpital.

On me refait cette satanée piqure. Pour cela, on me fait entrer dans une salle de naissance. Tout est prêt pour accueillir une femme qui donne la vie et, dans ce lieu que je souhaiterais connaitre plus que tout au monde, on m’injecte un produit qui tue.
Je repars en miette.
Le lendemain, le gynéco me voit entre deux patientes… Il sent qu’il a merdé et essaye de me faire croire que les pharmacies exagèrent mais il est dans ses petits souliers.
Les jours suivant sont rythmés par les nausées et la fatigue, je suis en arrêt maladie. Je suis devenue un zombie.

Mais… Ce matin, nouvelle PDS mon taux a enfin chuté !!!! Je suis passé de 5900 ui à 4405 ui… ENFIN !
J’espère avoir évité la cœlioscopie et valoir mieux qu’un éléphant (qui n’a qu’une seule trompe… tu l’as ?)

J’espère aussi bientôt lire des bonnes nouvelles sur la blogo, qu’on sorte enfin de ce cycle infernal.
Peut-être qu’un jour, un taux qui monte pourra me donner le sourire aux lèvres…

Le trampoline

Ma vie est pleine de rebondissement. J’ai l’impression d’être sur un trampoline.

La semaine dernière, une (des multiples) PDS indiquait un taux qui augmentait encore mais pas assez pour se réjouir (de 319 à 783 en 4 jours). Il expliquait enfin les saignements et les douleurs des semaines passées. Mon gynéco concluait donc à la FC sans plus d’inquiétude :
« – Arrêtez les hormones, on se voit dans 1 mois pour faire le point »
– Une petite dernière PDS pour la route pour vérifier que ça descend ne serait pas du luxe quand même non ?
– Non, ne vous inquiétez pas, ça va descendre. Contrôlez dans une semaine pour vous rassurer si vous voulez. (je précise que le gynéco part en vacances pendant 2 semaines le soir même)
– Ok je fais une pds la semaine prochaine et je communiquerais les résultats à votre secrétaire. »

Depuis, les douleurs se sont complètement arrêtées et je n’ai plus aucun saignement. Je me porte comme un charme et suis sûre que tout va bien aller…

Donc me voilà lundi, bon pied bon utérus ! Je me dirige joyeusement vers le labo, sourire et blagounette aux lèvres. (Tu le sens le rebondissement ou pas ?)
« – Alors, le taux le taux le taux, je regaaaaaarde » *ouvre ton putain de fichier !*. Il a bien augmenté : 2400ui.
-whaaaaaat ?
– là il vous faut une écho en urgence. »

J’appelle donc le secrétariat du gynéco qui me dit d’aller au centre d’écho (en urgence effectivement… Au passage, heureusement que j’ai fait ma chieuse et demandé une PDS…). J’annule tous mes rdv de l’après-midi et me rend là-bas, un tout petit peu nerveuse.

« – Bonjooooour. Vous êtes à combien de semaines de grossesse ?
– Heu, je sais pas du coup, j’ai pas compté comme je suis pas vraiment enceinte.
– Ah si, là vous êtes enceinte. On ne sait pas de quoi ni où mais vous êtes enceinte.
– Wokay. »
Enlève ta petite culotte, mets tes pieds sur les étriers tout froids et c’est partie pour l’endochattale !!
« – Bon, là je ne vois rien. L’utérus est bien vide, la muqueuse est fine. À mon avis, vous avez dû ovuler entre temps et vous êtes en tout début de grossesse.
– Heu… non, c’est pas du tout possible en fait. Ça fait 3 semaines que je saigne et je n’ai donc pas eu de rapports… *mais t’es conne ou quoi ? t’es gynéco ??? j’ai jamais entendu un truc aussi con, je crois que tu as gagné la palme de l’explication la plus pourrie*
– C’est vraiment bizarre. Je ne vois rien nulle part. attendez dans la salle d’attente vous allez voir un second médecin. »
Le second médecin me dit pareil, il ne sait pas… son meilleur conseil est d’attendre que mon gynéco rentre de vacances. Je suis dépitée.

J’exige quand même une PDS de contrôle vendredi, soit hier.  (Je crois que je suis la seule PMette au monde qui espère une fausse couche… Une simple fausse couche, sans complication pour une fois !)

Comme ma vie n’est pas partie pour me donner des bonnes nouvelles ces derniers temps, mon taux  augmente encore : il est passé à 3834 ui… C’est la merde. Je me fais épiler en prévision de la chirurgie, me lave les cheveux et mets ma « culotte confort » pour me rendre à l’hôpital.

On me fait une écho, la gynéco de garde ne voit toujours rien ni dedans, ni dehors. Elle me dit qu’à ces taux-là, s’il n’y a rien dedans, c’est forcément dehors et ordonne la fameuse piqure de Méthotrexate. Elle ne veut pas attendre la complication et m’affirme que plus c’est tôt, mieux c’est. Elle est gentille et compréhensive, ça fait du bien. Je demande l’autorisation de pleurer. C’est oui. Je pleure un peu.

Je donne mes fesses à l’infirmière et me fais donc injecter ce vilain produit. Celui d’une chimio thérapie. Celui qui va tuer des cellules d’un embryon qui se développe. C’est con, je sais qu’il n’est pas au bon endroit et qu’il doit être sacrément con pour s’être logé là mais ça me fait quelque chose.
C’était une chose de se dire que c’était une FC spontanée et s’en est une autre de faire de la chimio pour tuer des cellules vivantes…
Je dis en rigolant qu’au moins, si j’avais un début de cancer, je le stoppe direct ! (comme le Ferv*x quand t’as le nez qui coule) Ahah, Lolilol !

Je repars de là avec mes fesses endolories et un produit qui se répand dans mon corps pour tuer.

J’ai passé une bonne nuit et me réveille ce matin, toujours sans saignements et sans douleurs…

J’attends.