La vie continue

Le weekend dernier s’est déroulé un peu comme dans un rêve. Ou plutôt un cauchemar. Notre terrible négatif planait sur nous comme une ombre de même que l’espoir de ces embryons sur lesquels nous avions fantasmé pendant 1 an et demi.
Nous avons été exemplaires avec mon mari (faudrait que je lui trouve un surnom, il est quand même très présent dans ce blog… peut être Zazounet…, bref, on verra). Pas de larmes, beaucoup d’amour, du soutien, tout ce dont nous avions besoin pour surmonter cette nouvelle épreuve unis et forts.

Lundi est arrivé et là, tout s’est effondré. J’adore mon boulot et je ne me suis jamais réveillée un matin en me disant que je n’avais pas envie d’aller bosser. Mais ce lundi, j’étais de retour dans la vie normale. De retour le ventre vide. Je redevenais le soignant. C’était de nouveau moi qui soulageais les gens quand j’avais envie que quelqu’un soulage ma peine.
Je suis retournée au sport comme si de rien n’était en disant à mes copines que j’avais eu mal au dos. Je revenais à ma vie. Ma belle vie, belle mais vide.
Les vilaines sont arrivées mardi pour sceller la fin de cette aventure. Je me suis débarrassée de ces c*nnards d’embryons qui ne me trouvent pas à leur goût, de cette saleté de muqueuse qui n’est pas foutue de retenir deux minuscules embryons, de toute cette attente, de cet espoir, de ces rêves. C’était fini pour moi.

Du coup, je me suis un peu révoltée contre le bon Dieu cette semaine, je lui fais un peu la gueule. J’ai tout bien fait comme il faut : j’ai levé le pied, je me suis reposée, j’ai prié, j’ai fait de la sophrologie pour visualiser les embryons dans un utérus confortable, j’ai pris la voiture du mari qui a de meilleurs amortisseurs, j’ai mangé des michokos… et il m’envoie DNLP pour m’annoncer les mauvaises nouvelles ? Ah non ! Prends tes responsabilités mon gars ! C’est pas la peine de te cacher derrière ton double diabolique.
Si si, c’est à toi que je parle !! Toi, le grand mec assis sur son nuage à regarder le monde d’un air docte ! Putain mais qu’est-ce que tu veux de moi ! C’est pas parce que tu as créé le monde qu’il faut nous casser la tête comme ça hein ?! Ok, « que la lumière fut » c’était une bonne idée mais filer un gosse à Zazounette, ça te coutait rien et ça lui aurait changé la vie. C’est vraiment pas cool de ta part.
J’imagine que tu attends le gosse parfait, celui pour lequel ça aura valu le coup d’attendre. M’enfin, c’est long quand même…

Retour à la case départ. On sonne le glas de la FIV 2 et on démarre la FIV 3. On dit FIV 3 car c’est celle qui est comptée par la sécu mais je trouve ça très réducteur. On ne parle pas des IAC, des FIV avortées pour cause de non réponse au traitement, des FIV avortées pour cause de trop forte réponse au traitement, des traitement hormonaux en vue de tests, des prélèvement, des fausses couches, des transferts… On dirait qu’on n’a eu que 2 aventures, 2 échecs… mais non madame, on en a eu bien plus que ça des mauvaises nouvelles ! J’espère que c’était la dernière.

Bisous

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Négatif

Tout est dit dans le titre… j’allais pas faire durer le suspense pour une nouvelle aussi pourrie !
Taux misérable de 1,39 ui. J’aurais bien fait péter la virguler mais la meuf du labo n’avait pas l’air d’accord.

Back to normal life.

J’ai passé 2 super semaines d’espoir. C’était sympa, on s’y serait bien vu. Maintenant, on revient à la vie normale, on arrête de faire porter les courses à son mari, de bosser comme une tortue pour se ménager et de se reposer… on y retourne !

En revanche, je me suis promis de ne plus m’endormir sur mes lauriers : j’ai mollement fait un an et demi de pause parce que j’aimais bien l’idée d’avoir des embryons congelés, j’avais l’impression d’avoir plus d’espoir, que la prochaine FIV était loin, voire inexistante. Maintenant que c’est foutu, on va se bouger !!
L’heure tourne, mon AMH a une sale gueule, faut y aller !!
Heureusement, j’avais déjà pris rdv avec mon gynéco marseillais (en calculant bien sûr, la bonne date pour une écho, on sait jamais… oui ça va tu peux rire sal*pe de DN !)
Donc, j’ai une échéance. J’espère qu’il va lancer rapidement les hostilités et ne pas me faire faire 8 tonnes d’examens qui ne servent à rien et que j’ai déjà fait 5328 fois…

Par ailleurs, grâce à Cindy, je me suis inscrite au NaNo qui est un défi personnel d’écriture. Raconter d’autres personnes et d’autres vies, me fera sûrement oublier pour quelque temps la misère de la mienne.

Je continue à croiser pour vous toutes qui sont en attente de ce p*tain de train et aussi pour celles qui sont montées et qui attendent, fébriles, la venue du contrôleur pour montrer leur billet et pouvoir enfin relâcher la pression, regarder le paysage qui défile et compter les vaches par la fenêtre.

Je vous embrasse.

Première semaine

Ma première semaine « normale ». Sans trains, sans échos, sans pds… juste deux embryons bien logés dans mon ventre.

Je me suis promis d’être détendue, de ne pas me stresser au boulot, de ne pas en faire trop… lol et relol !

Je suis tellement stressée de me stresser que tout me parait insurmontable. J’ai tellement envie que tout se passe de manière lisse et détendue que n’importe quelle aspérité de ma journée me rend hystéro, un vrai pitbull ! Du coup, je me stresse, donc je culpabilise de me stresser et je me re-stresse (c’est la 56 796ème fois que j’écris ce mot ou ses dérivés en 3 lignes, ça me stresse…)

Evidemment, je scrute mon corps comme une valise à l’aéroport. N’importe quel petit pseudo-signe de rien du tout me transporte de joie ou me désespère : j’ai super faim (youpi !) mais j’ai pas du tout mal aux seins (ooooooh merde !), j’ai mal au ventre (youpi ? oh merde ? je sais pas !!!!)

Donc j’ai décidé d’accueillir chaque évènement lorsqu’il se présente : Pour l’instant, je considère que je suis enceinte jusqu’à nouvel ordre (dans 9mois, pas avant svp). Ben oui, j’ai 2 embryons bien développés, logés dans mon utérus, donc je suis enceinte !! Tant qu’un résultat de pds (non pas ça svp) ou un accouchement ne m’en auront pas délivré, je serais enceinte ! Voilà !!

Blogger recognition awards

LES REGLES :

  1. Remerciements de la personne qui vous a nominée
  2. Une brève histoire de votre blog
  3. Un ou deux conseils pour de nouveaux blogueurs
  4. Une sélection de 15 autres blogs à qui vous souhaitez donner le prix

Je ne sais pas qui a lancé cette vague de gentillesse mais je trouve que c’est une très bonne idée. D’abord parce que c’est extrêmement agréable de se rendre compte que ce qu’on écrit touche d’autres personne que son petit nombril même si tout tourne autour de notre petit nombril (qui deviendra gros, bien sorti et couronné d’une belle ligne de grossesse bientôt, je l’espère) d’autre part parce que grâce à ça, j’ai pu découvrir plein de blog sympas que je ne connaissais pas. Ce qui élargit notre culture bloggismique (je ne comprends absolument pas pourquoi mon ordinateur souligne ce mot en rouge…)

Pour respecter les règles (parce que je suis le genre de fille qui fait la queue à la criée de Marseille) :

3 bloggeuses que j’admire énormément m’ont nominée : justomate, Tinkieginie et Margou
Je lis toujours vos blogs avec attention ! Beaucoup d’humour, beaucoup d’amour, beaucoup de patience, beaucoup de joies, de peine… la vie.

Concernant la petite histoire, je croyais être exceptionnelle mais je me rends compte qu’on est toutes plus ou moins tombées par hasard sur un blog en cherchant autre chose et qu’on a toutes eu plus ou moins une révélation. Pour ma part c’était sur le blog de charliewonka33 : kiffelavieenpma. (Charlie si tu me lis, je sais que ce que tu traverses en ce moment est très dur mais sache que je crois énormément en tes TEC, à la bonne date et avec le bon traitement !!)
J’ai donc lu son blog par le plus pur des hasards. J’ai ri, j’ai pleuré, je me suis reconnue dans ses mots et je me suis lancée à mon tour.
J’ai écrit un truc et puis un autre et encore un autre… J’avais écrit ce qui me passait par la tête, sans connaitre ni les codes, ni le reste. Comme une impulsion, un besoin.

Plus tard, je suis allée sur le blog de mon mentor, dans la rubrique « mes copines de galère » et j’ai découvert toute une famille. Des filles exceptionnelles, pleines d’humour, de joie de vivre et de bienveillance.
Je me suis rendue compte que je n’étais pas seule, qu’on vivait la même histoire. Des versions différentes, des réactions différentes mais le même espoir, les mêmes déceptions, les mêmes rebondissements, les mêmes larmes, les mêmes joies…
Ce blog a changé ma vie. Il m’a fait prendre de la hauteur et de la distance sur ce qu’on vivait. Il m’a obligé à me regarder de l’extérieur et à changer mon quotidien. Il me permet de m’exprimer. Pas de murmurer en rougissant, pas de hurler, pas de pleurer, juste de m’exprimer posément, sans jugement ni peur du ridicule.

Moi-même étant une nouvelle bloggeuse, je ne peux pas vraiment donner de conseils. J’ai l’impression qu’en étant soi-même, cela suffit amplement. Evidemment qu’on n’a pas la vie de Simone Veil ou de Kim Kardashian. On parle de nos quotidiens de filles normales mais c’est déjà pas mal parce qu’on est des guerrières et on se bat pour donner la vie. Kim K peut bien aller se faire voir, nos rdv pds et autre échos endochattales sont bien plus passionnantes que la couleur de ses cheveux ou ses kilos de PB.

Je pense que ce BRA a fait le tour de la blogo. Avec ma vie passionnante et mouvementée (hier je suis allée me faire épiler les sourcils quand même, je suis débordée…), mon article est un des derniers alors je sais que quasiment toutes mes nominations seront des doublons mais tant pis, c’est plutôt une sorte d’hommage : Princesspi, baboun82, ptbichon, Simone, Jamaissansmafiv (avec qui on s’est compris en un haussement de sourcil), Biquette, Bibiche, Lachanceuse, Mespetitesetoiles, icsipari, Fivplus4, Je ne connais que les blogs PMesque et j’ai envie d’agrandir la liste jusqu’au ciel !

Merci de me faire rire, rêver, pleurer, espérer, croiser, trembler, sauter de joie, vivre.

 

Du congélateur à l’utérus 

Ça y est ! Nos embryons sont à la maison, dans mon utérus ! 

J’écris en direct du train dans lequel je suis confortablement installée après une journée un peu stressante et très active.

Transfert à 14h. Les embryons ont tres bien tenus à la décongélation. Selon le labo ils étaient « magnifiques » (sic). 

Sortis de l’hôpital pleins d’espoir, on a essayé de passer une journée calme et détendue dans la folie de la capitale… (On s’habitue vite à redevenir provinciaux) 

On s’est arrêté prendre un chocolat chaud et manger une tarte à la framboise en l’honneur des embryons. J’ai d’ailleurs fait une « photo de famille avec les framboises » 

(Attention : la photo qui va suivre est hyper niaise) 

 
  Puis on a fait des emplettes pleines de  symboles, de positivité, dans la joie et la bonne humeur :

  • Des crèmes « Baby » de kiehl’s, une ligne toute douce super agréable pour la peau (et puis « Baby » quoi !!!)  
  • Des michoko of course 
  • « Le chat fait des petits » Parce que j’adore le chat et que je me sentais tres en phase avec le titre 😉 
  • Un bouquin léger et positif pour le train Parce que celui que j’étais en train de lire est un peu glauque alors je l’abandonne pour plus de légèreté. 

     

Je prends maintenant moi aussi le chemin de ma maison et je rentre couver mes merveilles en essayant de passer les 12 prochains jours de manière la moins stressée possible.  

Merci pour votre soutien et vos encouragements, on continue d’espérer ! Que c’est bon d’être remplie d’espoir. 

Attention ! Un train peut en cacher un autre + News 

TRUC DE OUF !!!
L’échographe en chef a kiffé ma muqueuse !
Il l’a tellement liké qu’il a dit à mon brésilien d’envisager un transfert sur CE CYCLE !!! Sans hormones, au naturel, comme ça, surprise du chef !!!
J’ai cru que j’allais pleurer de joie !
Rien n’est encore joué, j’attends les résultats de la pds pour vérifier que je n’ai pas ovulé. Si c’est bon, on y va ! Je reste à Paris et en avant les paillettes !
Concernant la logistique et le boulot j’ai appliqué la fabuleuse méthode de Simone à savoir RAB et TATC.

Allez, je vais essayer d’organiser ma vie un minimum, ne serait-ce qu’avoir au moins des culottes propres pour la semaine qui arrive…
Petites News avec cette modification :

Ma pds est à l’image de ma muqueuse : parfaite !!!  Transfert lundi !! 

J’en reviens toujours pas ! Merci pour votre soutien, on continue à croiser et à y croire !!  

Le train

Et me voilà de retour dans le train.
Après un dernier post très contemplatif, enfin un peu d’action.
Je suis donc en train de parcourir 788 Km pour un examen inutile.

Nous avons finalement décidé de suivre l’option 4 c’est-à-dire :  » Laisser Paris les implanter dans mon utérus selon leur protocole, garder espoir quand même et faire confiance à mon corps. Si ça marche pas, je serais débarrassée d’eux de toutes façons et si ça marche, je serais tellement contente que le chemin pour y arriver m’importera peu…
Argument pour : Lâcher prise, me battre avec mes seules armes, c’est à dire mon espoir et mon corps et les laisser gérer.  »

Mon gyneco brésilien, un peu pour faire une vérification, certifiée par son altesse royale (lui-même) et beaucoup pour me punir d’être allée voir ailleurs m’a imposé une écho de contrôle à J13 pour faire le point sur la gueule de traviole de mon utérus. Le fait que j’habite à l’autre bout de la France, que j’ai un boulot de dingue et que je n’ai absolument pas envie de me taper 788 Km pour me faire bénir l’utérus ne lui a même pas traversé l’esprit…
Me revoilà donc un jeudi soir (et encore j’ai de la chance, il aurait pu tomber n’importe quel jour de la semaine ce tant attendu J13) sur la route de mon centre PMA pour mon echo endochattale de demain, 8H30.

J’avoue que j’espère réellement qu’il va voir une belle muqueuse avec ses trois feuillets bien alignés et une épaisseur acceptable pour un transfert sur le cycle prochain.
J’essaie de faire confiance à mon corps et de l’encourager à me préparer un magnifique édredon pour pouvoir accueillir ma paillette et lui donner envie de s’accrocher à la vie.

Verdict demain. J’espère juste que mon utérus est d’attaque et qu’il ne va pas me lâcher.

 

L’après

En ce moment, devant la déferlante de bonnes et de mauvaises nouvelles, la blogo presque toute entière s’est posée la question de l’après : Et si… ?

Pour ma part, étant une nouvelle bloggeuse (bien qu’ancienne PMette) je me réjouis énormément des tests positifs et écho rassurantes. Pour la première fois, je me dis que c’est possible, que c’est pas fini, qu’après autant d’attente, certaines sont montées dans le train et ont pu caresser leur bonheur. Ça m’a même donné la force de m’y remettre et d’arrêter de fuir ce transfert à coup « d’examens complémentaires » et de « rdv sur le cycle prochain »…
Je redeviens une battante, pleine d’espoir et de rêves.

Et si ça ne marchait pas ? Claquerais-je la porte ? Continuerais-je à écrire et découvrir de nouvelles personnes ? De nouvelles aventures ? Différentes ?
Je ne sais pas… je me laisse porter par mes envies et mes besoins du moment…
Je ne juge en aucun cas celles qui ont choisis leur voie. Celle de rester et d’encourager, celle de partir à grand bruit, celle de partir tout doucement sur la pointe des pieds…
Bien sûr que l’on a toutes peur, bien sûr qu’on tremble devant les récits de celles pour qui c’est fini, celles qui se tournent vers de nouveaux projets (professionnels, adoptifs…) Nous qui sommes encore pleines d’espoir de pouvoir donner la vie, de la sentir en nous… Peut-être plus pour longtemps, mais l’espoir est là…
Et si je me retrouvais malgré tout sans enfants, il faudra bien l’accepter. Pour l’accepter, faudra-t-il l’exprimer ou se détacher, je ne sais pas encore…

Et si ça marchait ? Comment préserver celles qui sont restées sur le quai, celles qui voient passer le train sans pouvoir malheureusement monter dedans ? Seront-elles dans le prochain ?
J’espère sincèrement me poser cette question un jour… J’espère qu’on aura toutes à se poser cette question un jour.

On croit qu’il ne nous manque que ça. On dit souvent avec mon mari qu' »on a le cul bordé de nouilles, il ne nous manque que les vermicelles ».
On adore notre vie et on se dit qu’elle serait parfaite avec nos petits bambins courants autour de nous, souriants et détendus…
Évidemment, les bibs, les nuits blanches, les engueulades, les coups de mou, le boulot en stand-by, les nerfs qui lâchent, la peur de l’inconnu… on l’occulte. Mais la MILK elle, elle le vit !
Les angoisses de l’accouchement, celles de la maternité, la nouvelle vie dont on a tant rêvé et qui nous déçoit ou nous réjouit. Je pense que j’aurais besoin de l’écrire.
Je crois qu’une nouvelle aventure mérite un nouveau blog. Sans fermer ce blog qui me reverra sûrement pour les prochains gosses (ah oui, on veut une grande famille ! … Mouais, on verra, fais un gosse déjà et on en reparle…)
Je m’inspire de ce magnifique mot d’espoir et de soutien de biquette avec Apres La Ligne Rose.
Chacune sera libre de le visiter, de s’y abonner, de passer de temps en temps pour prendre des nouvelles ou pas du tout.

Notre belle communauté solidaire ne devrait pas devenir une chape de culpabilité si on accède enfin à ce que l’on désire toutes tant. C’est pourquoi je suis si heureuse d’avoir des nouvelles des filles. Certaines, que je n’ai même pas connues en galère mais seulement dans la joie de la maternité et qui s’en sont sorties…

Probablement, j’écris tout ça parce que je me sens en confiance dans mon projet. Pourtant, mes récents résultats me donnent bien tort.
Mon défi des 21 jours a porté ses fruits et mon moral est plutôt bon malgré cette incertitude et ces résultats si terribles.
Je sais que je ne lâcherai pas. Pas avant d’avoir tout essayé (dans la limite de mes convictions).
D’ailleurs, vous avez remarqué que mon paragraphe  » Et si ça ne marchait pas ? » est bien plus court que le paragraphe  » Et si ça marchait ? » ce qui retranscrit bien mon humeur du moment… Je dis bien « du moment » parce que je sais pertinemment que ces belles paroles me paraitront puériles après quelques nouveaux essais infructueux. Mais j’espère me relire (oui, je me relis parfois, je suis ma plus grande fan) à ce moment-là et me remettre dans le chemin de l’espérance…

 

Les options

Je récapitule : mes trois wintests ont été catastrophiques et mes différents gynécos se détestent…

Depuis plusieurs jours, j’essaye d’écrire un article mais il est tout embrouillé. Par mes émotions, par mes indécisions, par ma peur…
Je vais essayer d’être factuelle, ça me permettra de poser mes idées et de m’aider à y voir plus clair.

Donnée n°1 : J’ai deux embryons congelés en 1 seule paillette qui m’attendent sagement en se les gelant dans de l’azote liquide.
Lieu : Paris
Gynéco référant : Brésilien

Donnée n°2 : Ma muqueuse utérine est hyper fine depuis mon curetage en janvier 2014.
Donnée additionnelle : le gynéco brésilien m’a clairement dit en Septembre 2014 qu’il ne pouvait rien faire de plus. Je suis donc allée voir un spécialiste avant de reprendre mes essais.
Lieu : Paris, Montpellier
Gynéco référant : spécialiste de la muqueuse fine qui m’a envoyé faire des Wintest à Montpellier
Gynéco référant Bis : centre PMA Montpellier

Donnée n°3 : J’ai déménagé à l’autre bout de la France
Lieu : Marseille
Gynéco référant : gynéco avec l’accent du sud qui me suit pour mes différents examens ici et suivra ma grossesse si il y a lieu.

Dit comme ça, je n’ai pas l’impression d’avoir fait une bêtise dans mes choix. Le problème c’est que mes 4 gynécos ont tous un ego surdimensionné, ont tous l’impression de détenir la clé de mon infertilité et ont tous la sensation que je les ai trahis pour aller voir ailleurs. Je suis dans une espèce d’imbroglio de plans de traitement et de vexations puériles. (En fait, entre toi et ton gynéco, c’est presque une histoire de cul : il te fait un gosse et se vexe si tu vas voir un autre plan gy.)
Ils ont des approches radicalement différentes. Même si je sais qu’il n’y a peut-être pas qu’une seule option, j’ai tellement peur de faire le mauvais choix que je me retrouve paralysée.
Il y a autant d’avis médicaux que de docteurs… surtout dans un domaine aussi imprédictible que la reproduction. Chacun a sa recette magique et de plus ou moins bons résultats. Même en se fiant aux statistiques, chaque cas est diffèrent et tu peux facilement être toi aussi du mauvais côté de la statistique…

De surcroit, je sais pertinemment que je mets beaucoup trop d’espoir dans cette paillette. Elle fait suite à ma fausse couche et elle m’attend depuis un an et demi dans son congélo. C’est elle qui m’a fait tenir, c’est elle qui m’a fait rêver, c’est elle qui m’a fait patienter.
Je reconnais que j’ai fait une pause dans mes traitements aussi parce que j’avais peur de l’après. Et si ça marchait pas ? S’il fallait tout recommencer ? Si le fait que je sois tombée enceinte ne soit qu’un leurre ? C’est cette tentative qui m’a donné le plus de joies (et de tristesse aussi), c’est les embryons de CETTE tentative… J’avais envie de les garder encore au chaud (enfin au froid).
Mais il est désormais temps d’avancer, d’affronter ses peurs. De découvrir la suite de nos aventures…

Plusieurs options s’offrent à nous :

Option n°1 : Envoyer valser tous ces mauvais résultats de winstest et refaire confiance à mon brésilien qui m’affirme que l’accroche se fait par l’embryon et que même si un wintest avait été positif, cela n’avait aucune valeur pour lui…
Argument pour : Mes embryons sont congelés dans son labo et il est hors de question que je décongèle mes petits espoirs ailleurs (le changement de labo est très risqué car chaque labo a sa propre méthode de congélation)
Argument contre : Tu te fous de ma gueule ??? J’ai fait tout ça pour rien ???

Option n°2 : Tenir tête à mon brésilien et continuer mes p*tains de tests qui font mal et qui me foutent le moral à Zéro et l’espoir dans les chaussettes
Argument pour : Trouver cette fenêtre d’implantation, le bon dosage des bonnes hormones et mettre toutes les chances de notre côté
Argument contre : Mon brésilien va faire une crise cardiaque si je recommence à voir en sous-marin le montpelliérain et il va rompre avec moi. Peut-on se remettre d’une rupture avec le gynéco de sa vie ? Est-ce vraiment le gynéco de ma vie ? Le gynéco de mes enfants ?
Argument contre Bis : ça fait mal, c’est long, c’est loin, j’ai pas envie…

Option n°3 : Envoyer paitre tous ces incapables et faire confiance à mon nouveau gynéco ensoleillé qui m’a concocté une petite ordonnance pré-transfert de sa création. Cuisine familiale.
Argument pour : C’est le seul qui s’est plus penché sur mon cas que sur le sien. Il m’a gentiment écouté et a analysé les résultats des uns et des autres avant de me pondre sa petite recette magique. Je ne sais absolument pas ce que ça vaut mais c’est simplement un sentiment de bienveillance.
Argument contre : Tourner le dos aux plus grands centres de PMA pour faire confiance à un gynéco de ville ? Je sais pas si mon snobisme médical me le permettra. Par ailleurs, mes embryons sont toujours à Paris et il faut que je jongle avec eux pour qu’ils daignent me faire un transfert dans ces conditions.

Option n°4 : Laisser Paris les implanter dans mon utérus selon leur protocole, garder espoir quand même et faire confiance à mon corps. Si ça marche pas, je serais débarrassée d’eux de toutes façons et si ça marche, je serais tellement contente que le chemin pour y arriver m’importera peu…
Argument pour : Lâcher prise, me battre avec mes seules armes, c’est à dire mon espoir et mon corps et les laisser gérer.
Argument contre : L’impression de baisser les bras et de les laisser encore prendre possession de mon corps…
Je reconnais que cette option rejoint l’option n°1 mais dans un cas, je m’intéresse à la question (ce qui risque de me stresser à mort) et dans l’autre, je me détache du côté médical pour me concentrer uniquement sur le côté magique, bien-être, espoir, etc. (ce qui risque de me stresser à mort).

 

Voilà, je crois que j’ai fait le tour.
J’ai hésité à poster ce billet rébarbatif mais ce blog me sert aussi à prendre de la hauteur et voir les choses de manière détachée. C’est ce que j’ai tenté de faire ici. Si j’avais voulu garder tout ça pour moi, j’aurais commencé un journal intime et pas un blog public (quoiqu’anonyme).
Malgré tout, on va essayer de se fier à notre propre instinct. Je sens qu’on a besoin d’avancer. Avancer à deux, reprendre notre vie en main, reprendre le chemin de la PMA.