21 jours

Je me suis rendue compte que je passais ma vie à me regarder souffrir.

Évidemment, je ne me plains jamais devant les gens, je plaque ce fameux sourire sur mon visage et je fais le clown de service. Je dédramatise tout. Nonobstant (oui, j’ai du vocabulaire…), dès que je suis seule (sous la douche, avant de dormir, en voiture…) mon mal être revient tel un boomerang et je m’écoute me plaindre : « Je suis faible, ma vie est nulle, je n’ai pas de chance, je suis aigrie, je ne suis pas capable de procréer, je sers à rien, pourquoi moi ? Snif et re-snif etc, etc, etc. »

C’est mes petits moments à moi, ceux où je me laisse aller.

Mais alors ?! Cela voudrait dire que je garde le meilleur de moi-même pour les autres et dès que je suis seule, je m’effondre et je deviens la fille que je détesterais avoir comme amie. La fille qui se plaint tout le temps et qui pleurniche sur son sort. Il est hors de question que je sois cette fille là !

Je suis objectivement une fille géniale et je compte bien me le prouver !!!

Selon des études très sérieuses menées par différentes équipes de recherches, il faut 21 JOURS consécutifs pour changer une habitude.

Je vais donc me donner 21 jours pour réapprendre à m’aimer et à aimer ma vie.

Il est vrai qu’il me manque une chose essentielle dans cette vie de rêve mais tout ce que je vis, c’est quand même de la vie et c’est bien.

Il s’est aussi passé plein de trucs cool depuis 4 ans. On a toutes lu les parcours douloureux des uns et des autres. Mais pendant tout ce temps, il s’est aussi passé des choses merveilleuses : des mariages pour certaines, des voyages géniaux, des jobs de ouf qu’on n’aurait peut-être pas eu si on était enceinte, des déménagements, des amitiés, des sorties de dernières minutes (ils peuvent pas faire ça les parents hein?!), de belles déclarations d’amour, des corps bombesques déjà mieux que si on avait 3 grossesses au compteur, des bonnes grasses mat’…

Je suis sûre que vous avez des tas de trucs positifs à raconter (faites-vous plaisir, ça fait un bien fou)

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Hommage et vocabulaire

En règle générale, quand je cherche une info sur le net, je tombe sur des forums expliquant des banalités à grand coup de « gygy » , de « brybry » et de « picpic ».

En règle générale, je ne trouve pas la réponse à mon interrogation alors je fais des paris débiles du genre : « Je clique sur un sujet au hasard, si la fille est enceinte à la fin, c’est que bientôt, moi aussi !! »

En règle générale, la fille est enceinte à la fin ou pas. Et moi, toujours pas !

Cette fois-ci, je cherchais une info bien précise. Une info sur un test qui a fait très mal à mon utérus et à mon moral. (Voir « PARKOUR »).

Je suis donc tombée par hasard sur le blog de charliewonka33 : kiffelavieenpma.

Je l’ai lu puisque je cherchais mon info… Logique !

J’ai ri, j’ai pleuré, je me suis reconnue dans ses mots… Puis j’ai eu un texto de ma super copine, celui où elle t’annonce sa deuxième grossesse grâce à la photo de son écho…

Du coup, j’ai lu le reste du blog et je me suis sentie moins seule. J’ai re-ri, j’ai re-pleuré et je me suis carrément sentie bien !

J’ai trouvé ça très malin d’avoir un exutoire anonyme. Partager ses expériences, ses coups de gueule, ses joies, ses peines, ses espérances…

Alors je me suis lancée.

J’ai écrit un truc et puis un autre et encore un autre… Puis je suis allée sur le blog de mon mentor, dans la rubrique « mes copines de galère » et j’ai découvert toute une famille (sans la vieille tante qui sent mauvais)

J’ai aussi découvert un vocabulaire !

C’est comme des expressions d’une région : les Nantais ne savent pas ce qu’est une cagole (une fille vulgaire NDLR), les Orléanais ne savent pas ce qu’est une biloute (enfin, grâce à Dany Boon, je crois que la France entière en connait maintenant un rayon) et les niçois ne savent pas ce qu’est un guennec (un imbécile NDLR).

Ben là, c’est pareil : allez demander à une mère de 3 gosses ce qu’est une PMette, un PMec ou qui est DNLP, elle saura pas !!! Et toc !! Elle, elle fait « des échos de la Xème semaine », nous on fait des « échos endochattales » ! Et bim !!

J’ai donc découvert tout un univers que j’ai dû décoder au fur et à mesure. Je suis pas encore au point sur tout, Y’a des fois, je comprends pas tous les acronymes ni les trucs trop pointus. Mais je vous lis avec beaucoup d’attention, j’apprends les codes et les libertés du blog et de la blogo (encore un nouveau mot).

Je reçois surtout la bienveillance et la gentillesse comme un cadeau. Je me rends compte à quel point je me sentais seule et isolée.

Si j’étais cette mère de 3 gosses, je n’aurais peut-être pas eu accès à des gens comme vous, j’aurais peut-être été une mère débordée et fatiguée. Une mère qui ne se rend pas compte de la chance qu’elle a d’être mère.

Maintenant je sais. Je sais que je ne suis pas seule, je sais que c’est possible de devenir mère, avec cette chance que l’on mesurera toute la vie, je l’espère pour nous toutes. Et de rester PMette pour la vie.

Merci

Rebellion

A chaque naissance des gosses de mon entourage (copines, cousines, boulot, autres, barrer la mention inutile), je m’extasie plus fort que les autres, je fais le plus beau cadeau, je me fais la plus discrète possible, je souris, je suis disponible, sympathique… Bref, la copine parfaite.

J’ai tellement peur que les gens pensent que je suis jalouse (ce qui est un peu vrai) ou aigrie (ce qui est un peu vrai aussi) que j’en fais des tonnes ! Attention, ne vous méprenez pas, le plus souvent, je suis sincèrement contente pour la personne en question mais je me sens toujours obligée de surjouer…

Mais aujourd’hui… REBELLION !

Une bonne copine a accouché il y a quelques semaines. (Evidemment, elle a arrêté la pilule 3 minutes avant de tomber enceinte et s’est retrouvée presque étonnée de cette grossesse si soudaine… Voilà voilà…) Bien sûr, j’ai été de tous les grands moments : EVJF enceinte jusqu’aux dents, mariage gnangnan style (c’est comme le gangnam style mais avec de la dentelle), babyshower en étant LA SEULE NULLIPARE (Je vous fais la grâce des sujets de conversations de toutes ses MILK de copines…), visite de courtoisie après l’accouchement, nombreux appels pour prendre des nouvelles… La totale !

J’aime réellement mon amie et je me suis fait violence pour l’honorer.

Sauf que…

Je l’ai appelé pour papoter et elle m’a reproché d' »avoir appelé une autre copine plus qu’elle ». J’ai tellement halluciné que j’ai failli m’excuser ! Puis j’ai ressenti une bouffée d’injustice !

Je lui ai rétorqué froidement de se mettre à ma place. J’étais tellement révoltée que je n’avais même pas honte de lui énumérer tous les efforts que j’avais fait pour elle, des efforts qui m’avaient coutée mais que j’avais fait par amitié pour elle. Elle s’est refait tout le film de ces derniers mois et s’est rendu compte de son égoïsme et de la puérilité de sa remarque. Elle a un peu pleuré, moi aussi, on s’est réconciliées, tout va bien.

Fin de l’histoire.

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Je peux vous faire une confidence ?

J’avoue. Je me suis servie de mon statut de « pauv’ meuf qui n’a pas d’enfants » pour me débarrasser de sa réflexion débile. Je trouvais ça très enfantin et j’avais pas envie de me prendre la tête pour un truc aussi stupide alors j’ai sorti l’artillerie lourde et j’ai fait pleurer dans les chaumières (et moi avec, c’est le seul bémol)

Le regard de compassion à deux balles que me lancent les gens m’a enfin servi à quelque chose. Pour la première fois, je n’ai pas fait de mon utérus un inconvénient mais un avantage ! Je me suis sentie diabolique voire maléfique… Et puis j’en ai profité pour vider mon sac. C’était un peu jouissif finalement…

Le bon D… et moi

Quand je regarde un coucher de soleil avec les nuages roses fluo ou un massif de fleurs, je me dis que seul D… peut avoir inventé un truc pareil et qu’il a sacrément bon goût !

Le problème avec D… c’est que s’il a le pouvoir de créer du miel en faisant butiner des abeilles, il hésite vachement à faire fructifier mon utérus.

Je prie, je peste, je le menace de faire un péché, je lui parle plus, je re-prie, je m’excuse, je culpabilise, je me vexe, je négocie, je re-re-prie… rien n’y fait, j’ai toujours pas d’enfant.

Dans nos cas, lorsque donner la vie n’est pas un miracle de la nature (ou un coup de baise) mais le fruit d’années et d’années de salle d’attentes, de piqures, de gélules par voie orale ou vaginale, d’échos, etc. On se tourne vers les médecins comme si ils étaient D… et comme si eux seuls avaient le pouvoir suprême de créer la vie.

On oublie que dans cet embryon qui s’accrochera peut être, il y a une étincelle de vie qui s’éveille, une part magique qu’on ne peut pas contrôler.

Perso, je mets ça sur le compte de D… mais faites comme vous le sentez hein ?! La nature, la vie, bouddha, Jésus, un saint, la terre nourricière… enfin ce qui vous plaît !

Je voulais juste remettre un peu d’innocence, de magie et d’amour dans nos parcours semés d’embuches.

Sur ce, je vais déjeuner avec ma copine qui risque de m’accoucher sur les pieds (et ça m’arrange pas parce que j’ai mis mes nouvelles sandales trop mignonnes).

Respire…

Demain je déjeune avec une copine. Enfin, je suis pas sûre, elle doit m’appeler pour me confirmer car elle approche de son terme et elle pourrait accoucher cette nuit…

Moi cette nuit, je vais dormir… hélas.

Demain, je vais la voir, lui demander comment va son premier petit garçon et parler de sa vie de maman et de future maman. Demain je vais souffrir. Je le sais mais je m’oblige à fréquenter aussi mes copines enceintes, mamans ou mariées (donc potentiellement enceintes) car sinon, je n’aurais plus de vie sociale et plus de vie du tout car j’aurais définitivement lâché prise.

Demain, je vais respirer un grand coup avant notre rendez-vous et je vais sourire.

PARKOUR (is a training discipline using movement that developed from military obstacle course training)

Un petit récap’ de mon parcours pour que vous sachiez qui vous parle.

Je vais commencer par le début.

Je suis une enfant très désirée (coucou Freud), 7 ans d’écart avec mon frère, enfant unique jusque-là.
Née, telle une princesse dans une famille aimante, j’ai une enfance merveilleuse, une adolescence sans problème (je n’ai même presque pas de boutons…), de bons résultats scolaires, des études menées avec brio dans une branche qui me passionne et socialement acceptable.
Je rencontre un mec, LE mec. On se marie. On s’adore… la suite logique, veut qu’au bout d’un an de mariage, j’arrête la pilule, un peu avant toutes mes copines déjà en couple. Je me dis que c’est pas grave, ça leur donnera envie de faire des gosses, ça sera trop sympa, on aura toutes des enfants en même temps, j’en convaincs 2 ou 3 au passage…

Voilà voilà…

Toutes les hormones qui étaient sensées m’emmerder la vie pendant l’adolescence déferlent tout d’un coup sur mon visage, je deviens une ado attardée de 28 ans… sauf que j’ai un air très juvénile et que je commence ma vie professionnelle. Les patients me demande où est le docteur. Euh… c’est moi le docteur ! (je suis dans le médical, vous l’aurez compris…)
Evidemment, je ne peux pas entamer de vrai traitement contre l’acné puisque je suis « en désir d’enfant » (laisse-moi rire)… Alors j’attends patiemment, je mets des crèmes et des fonds de teint… C’est pour la bonne cause, je ne vais pas me plaindre !
Les boutons s’en vont mais mon ventre reste plat ! Super plat. Il fait même un creux des fois tellement il est plat…

Ceux de mes copines s’arrondissent, je les trouve belles, je suis super contente pour elles. C’est trop cool, de toutes les façons, je vais bientôt moi aussi leur ressembler et nos gosses joueront ensemble pendant qu’on prendra des apéros au soleil…
D’autres copines ou connaissances commencent à tomber enceinte, c’est la déferlante, j’apprends 2 grossesses par semaine, je commence à être plus ou moins contente selon la personne mais je reste toujours digne et plaque un sourire radieux sur mon visage alors que je commence à me demander sérieusement si le bon D… se fout pas un peu de ma gueule (on y reviendra)

Je consulte. Rien de bien méchant. Un sperme pas génial génial mais pas catastrophique non plus, une varicocèle qui pourraient expliquer cela que le gynéco décide de faire enlever. De mon côté une endométriose que le gynéco décide d’opérer et par la même occasion faire un « drilling » c’est-à-dire des petits trous dans les ovaires pour laisser s’échapper des milliers de follicules. Je ne comprends pas très bien le but de la manœuvre mais j’ai entièrement confiance en lui et je me laisse complètement guider. Il est médecin, je vais pas le challenger sur son terrain quand même ! J’ai confiance, tout va bien.
Nous subissons tous les deux nos opérations respectives, je vous passe les détails, un vrai poème…
Visite post-op, tout va bien. « Vous serez enceinte avant la fin de l’année » me dit le gynéco  « choueeeeeette » (laisse-moi rire… encore)

Rien. Rien. Rien. Rienrienrienrienrien !

Tiens ?! On a des nouveaux voisins, ils font du bruit avec leurs deux mioches. On va les voir pour se présenter ? Allez ! (vous ne voyez pas le rapport, attendez, ça arrive)
Moi : Bonjoooooour, on est vos voisins d’en dessous, voilà c’était pour vous dire que l’immeuble était super mal isolé alors…
La voisine : aaaaah c’est vous, oui enchanté ça vous dit un apéro ?
Moi : Heu oui pourquoi pas…
Je vous passe les conversations d’usage sur le quartier et le beau temps…
Moi : Et toi ? tu fais quoi dans la vie ?
La voisine : Je viens de prendre un poste de chef à Clamart en PMA
Moi : O.o
Bref, de fil en aiguille, je me retrouve dans le meilleur hôpital, pistonné par la chef herself ! Je me dis que j’ai vraiment le cul bordé de nouilles !!!

Bye bye le glamour, Bienvenue en PMA !

1ère consultation :
Dr : Parfait, on va pouvoir commencer les FIV. Par contre, je ne comprends vraiment pas ce drilling… maintenant, votre taux d’AMH est super faible !
Moi : QUOI ?
Dr : Non non mais c’est pas grave hein, ya des tas de patientes qui peuvent tomber enceinte avec des taux aussi bas
Moi : Mais ?! Il était super mon taux avant !
Dr : Oui mais là, il a évolué du coup…
Mais comment j’ai pu les laisser m’ouvrir, me triturer dans tous les sens, me faire des fucking TROUS dans les ovaires et ne pas prendre de deuxième avis ????
Je m’en veux terriblement, j’ai l’impression de m’être laissée mutilée… La culpabilité s’empare de moi, c’est affreux. Elle ne me quittera plus d’ailleurs…

Bref, Réveil à 4h30 pour être à Clamart à 6h, échos, pds, boulot (en retard bien sûr), piqures…
Sourires à ses propres patients alors qu’on a juste envie de dormir et de pleurer… mais l’espoir est là et il fait tout endurer.
Je me dis que je suis une GUERRIERE, une vraie de vraie.
Je me fais des copines dans la salle d’attente. On se soutient, on s’épaule, on patiente ensemble… en fait, ça va, la PMA c’est pas si terrible, on s’habitue à tout…

SAUF aux prises de sang négatives. Ça, je crois qu’on ne s’y habitue jamais…

Mais on recommence encore et encore…

A force, on connait les infirmières et les sages-femmes, on conseille les nouvelles arrivantes sur les horaires et on arrive même à anticiper les taux et les jours de changement de traitements…

Et un jour……

Moi : bonjour, J’appelle pour les résultats de ma prise de sang ?! *voix tremblotante*
La secrétaire du labo : attendez, j’ai du monde, je vous fais patienter.
*regard plein d’espoir de mon mari*
*geste qui mime « j’attends »*
*on arrête de respirer*
La secrétaire du labo : 48
Moi : Hein ?!
La secrétaire du labo : C’est positif
Moi : Je suis enceinte ?
La secrétaire du labo : Oui madame, bon, je vous laisse, j’ai du monde hein ! bip bip bip
*Explosion de joie*

JE SUIS ENCEINTE ! C’est merveilleux !

Je suis sur un nuage. Après vérification de la magnifique montée du taux, je préviens mes parents, mes beaux-parents, mes copines proches… on nage en plein bonheur !!!!
Il nous reste juste à savoir combien d’embryons il y a. Mon mari veut des jumeaux, moi je suis un peu moins chaude mais bon, quoi que ce soit, ce sera génial…

Je prends rdv pour l’écho de contrôle, je rempli tous les documents pour l’accouchement dans l’hôpital en question. Je prends tous mes rdv gynéco. J’ai tout le temps faim ! Tout le temps ! Je mange, je mange même la nuit ! Je dors bien ! Je suis en forme, je suis heureuse.
Ça y est c’est l’écho de contrôle !! Je suis surexcitée !!
Salle d’attente, je ne tiens pas en place
C’est mon tour !
*Silence*
*silence*
Moi : tout va bien docteur ?
Dr : vous avez bien le sac gestationnel mais il est vide
Moi : mais j’ai tout le temps faim ?! Et sommeil ?!!
Dr : oui les hormones sont secrétées par le sac
Je suis enceinte d’un sac plastique quoi !

Mon mari se sent mal, il s’assoit. Je me rends compte de plein fouet que cette grossesse était aussi importante pour lui, même si c’est moi qui ai tout subit.

J’ai honte, je ne pleure même pas.

On rentre à la maison.
On prévient tous les gens qui veulent savoir combien il y a de bébés qu’il n’y en AUCUN.
J’arrête tous les traitements hormonaux et on attend la fausse couche.
Qui ne vient pas.
Du tout.
On va vous donner un traitement. C’est un peu violent mais ça marche.
Première fois. Saignement, enfin !
Deuxième fois. Saignement, encore. Urgences de Clamart un dimanche, le rêve.
Aspiration… ben dis donc, il est bien accroché le sac…

Vacances… teintées d’amertume et de souffrance. On va au bout du monde mais on y amène aussi notre douleur.

Il me reste deux embryons congelés en une paillette (si c’est pas mignon ça !! une paillette !)

Pas de problème, on va faire un TEC et je vais tomber enceinte en 2 minutes ! Cette fois ci ça sera la bonne !!
Hormones. Examens. Hormones. Examens.
On comprend pas pourquoi ma muqueuse est si fine… enfin si, après une aspiration, ça arrive.
Là on ne peut pas vous transférer les embryons, c’est trop fin.
Hormones. Hormones. Hormones. Hormones. Hormones.
Bon c’est toujours aussi fin mais on peut rien faire de plus, on vous transfère quand même.
Quoi ? Ça va pas la tête, j’ai pas subit tout ça pour rien ! Vous me touchez plus !

Je fais une pause mon corps va cicatriser et je vais vous concocter une muqueuse aux petits oignons !!! *et surtout, je vais faire un gosse naturellement vous allez voir !!

Un an et demi plus tard toujours rien et une muqueuse fine comme du papier à cigarette…
Je vais voir un gynéco spécialisé en muqueuse fine (franchement, c’est une spécialité ça ?) qui me dit que je dois faire un Win test.
Un quoi ?
Un test qui montre que malgré une muqueuse fine, j’exprime les gènes de la nidation au bon moment. Ça se fait uniquement à Montpellier c’est à peine plus douloureux qu’un transfert.
Allez, va pour Montpellier. En plus je connais pas.
Hormones. Hormones. Echos. Montpellier. Prélèvement. Ouillllllllllleuh ! Mais ça fait hyper mal !!!!
Dr : Désolé, vous avez l’utérus très rétroversé. C’est pas grave en soi mais on est obligé de tirer dessus pour insérer le cathéter.
Moi : Mais c’est pas comme un transfert ?
Dr : Si mais pour le prélèvement, le cathéter est rigide alors que le cathéter de transfert est souple.
Moi : Et alors ?
Dr : Ben votre utérus il forme quasiment un angle droit, alors on tire.
Moi : Mais c’est horrible !
Dr : Oui désolé, vous ressentez des contractions comme un accouchement.
Donc quand je tombe enceinte c’est d’un sac vide et quand j’accouche, c’est d’un cathéter ! Wokay !!
Dr au tel : Résultat négatif… revenez demain.
Moi : Mais j’ai des patients et en plus ça fait hyper hyper mal et en plus, Montpellier, c’est loin !
Dr : Oui mais on doit être sûr de la fenêtre d’implantation
Moi, après un peu de négo : Ok je reviens demain
Aie ouille
Dr au tel : Résultat négatif, j’ai jamais vu ça madame, je suis désolée.

On recommence au cycle prochain… Je veux pas y aller ! En plus, du coup, je déteste Montpellier !!

J’en suis là, ouverture de ce blog…

Depuis ?

Un wintest pas très concluant (voire pas du tout)…

Un peu perdue, après des tergiversations courtes (heureusement) mon transfert a eu lieu. Je jure que j’étais sereine et même un peu niaise. Mais le résultat était négatif.

Me voilà donc partie pour la FIV 3 !… qui se solde par une GEU. Loooongue. Je crois que maintenant que j’ai fait toutes les complications de la FIV, on peut enfin parler sérieusement et faire le transfert de la WIN !

LA TÊTE DANS L’UTERUS

Je dois avoir mes règles mercredi… oui, ce mercredi…

Ça fait 4 ans que j’y suis et tous les 28 jours (je suis une horloge) c’est la même chose. L’espoir. L’espoir. L’espoir. L’espoir. L’ESpoir. L’ESPOir ? L’ESPOIR ?? Déçu.

Tous les mois, je me convaincs de ne plus en avoir, de me détacher, de penser à autre chose mais tous les mois, je regarde ma petite culotte avec un air de chouette à force de chercher LA trace, celle qui me dira que c’est fini, que ce ne sera pas pour cette fois ci… Mais qu’un nouveau cycle commence et que peut-être…

Certains ont la tête dans les étoiles, d’autres ont la tête dans le cul les mauvais jours. Moi j’ai la tête dans l’utérus.

Mon corps me parle, il me parle tout le temps… Pendant les règles parce que ça me fait mal, après les règles parce que je le sens travailler et que mes ovaires me titillent (en même temps que ma libido), pendant l’ovulation parce que je pourrais donner l’heure exacte de mon ovulation tellement ça tire, après l’ovulation parce que ça re-tire, avant les règles parce que je ne pense qu’à lui… à LUI mon sacrosaint utérus !

Celui de tous les désirs, de toutes les attentions, de toutes les souffrances, de tous les espoirs, de toutes les malformations, de toutes les folies, de tous les examens, de toutes les pensées bienveillantes ou énervées… LUI !! (Bon, allez, j’englobe aussi mes ovaires, mes trompes de Fallope… heu… et le reste)

J’avoue, j’ai un peu honte. C’est ça qui est bien avec ce genre de publication, c’est que je peux partager toutes mes angoisses de fille tarée sans que personne ne viennent me dire d’un air docte : « non mais attends, c’est quand on s’y attend le moins que ça arrive », « tu dois être stressée, c’est pour ça », « c’est dans la tête » NON MAIS OH !!!!

Certaines filles tombent enceinte de viols ou en période de guerre !! Natascha Kampusch, elle a eu 2 ou 3 gosses de son père qui la séquestre et qui la viole ! Tu crois pas qu’elle était stressée ELLE ? Alors ne viens pas me raconter que « c’est dans la tête » parce qu’elle va te partir dans la tête celle-là aussi et tu l’auras bien cherché CONNASSE (oups pardon, j’ai dit ça tout haut ?)

Bref, je crois que je suis un peu dingue mais sympa quand même.

Oui, je reste sympa même le jour de mon anniversaire alors que je compte les années qui me restent pour concevoir, même avec mes copines qui m’annonce leurs 2ème ou 3ème grossesse, et même avec celle qui me dit «je suis dégoutée, c’est encore une fille… enfin, bon, faut que je m’y fasse hein… » QUOI ??? Mais si t’en veux pas, moi, je prends, je prends tout ! Fille, garçon, teckel à poil long… TOUT !

Je reste même sympa avec celle qui me dit « oh la la, on s’y attendait pas du tout, tu comprends, ils vont pas avoir beaucoup d’écart, je vais être crevée… pfff c’est reparti pour les nuits sans sommeil, les bibs, les dents ; ça me fatigue d’avance » NON MAIS TU T’ENTENDS ? AS-TU BIEN REGARDé LA PERSONNE EN FACE DE TOI ?? Celle que tu regardes habituellement avec des yeux de chien battu, la pauvre meuf qui n’arrive même pas à faire un gosse. Tu veux pas la fermer un peu pour une fois ? Surtout qu’en général, la question qui suit c’est « et toi alors, t’en est où ? » « Nul part CONNASSE » (oups, j’en encore dit ça à voix haute ?)

Ouh lala, je suis bien échauffée moi pour un premier contact ! Il est vrai que je me suis mise à écrire pour pouvoir enfin me défouler sur ce genre de truc mais pas que… Aussi pour partager mes espoirs (ce mot, toujours ce mot…), mes peines, mes douleurs, mes joies, mes attentes, la vie quoi…

Tout le monde passe par des périodes de vie difficiles et des moments de peine. Moi, c’est maintenant, c’est ma croix, c’est la douleur de ne pouvoir (encore) donner la vie et de devenir à mon tour éternelle par la transmission de mon génome mais aussi de ma culture et de mes connaissances… (Mettre le tout au pluriel parce que j’ai un mari merveilleux, on y reviendra)

Bon, je vous laisse, il faut que j’aille acheter des livres à mes petits neveux adorables qui me demandent toute la journée quand j’aurais enfin un gros ventre moi aussi…

A toute