Les doutes

Suite à l’effondrement de notre rêve américain, nous nous sommes rendus à l’évidence : un ovule de Zazounette + un spermatozoïde de Zazounet ne donne pas de bébé à la fin. Ça donne de l’amour, de l’espoir, un début de grossesse, même plusieurs… mais ça finit toujours mal.
Si on veut devenir parents un jour, il nous faudra un don.

Alors nous nous sommes résignés. Nous avons pris rdv à la clinique conseillée par Hope, nous sommes allés à ce rdv et nous avons fait tous les examens demandés (je ne comprends même pas qu’il y ait encore quelque chose qu’ils ignorent dans mon sang après 7 ans de PMA, mais il existe encore des analyses que je n’avais pas encore fait !!)

Ce sera un don d’ovocyte puisqu’il a été démontré qu’il existe des échanges entre une mère porteuse et l’enfant qui grandit en elle. Ce sera un don d’ovocyte puisque la mère participe pleinement à la conception de l’enfant avec la grossesse et l’accouchement. Ce sera un don d’ovocyte puisqu’on ne sait pas qui, de l’ovocyte ou du spermatozoïde, est le problème. Ce sera un don d’ovocyte puisque mes ovocytes commencent à dater et que des bons ovocytes tout frais seront de meilleurs augures. Ce sera un don d’ovocyte.

7 ans de traitement de PMA, des dizaines d’heures dans les salles d’attentes, des centaines de piqures, des milliers d’hormones, des litres de sang (prélevés ou écoulés), une quantité inimaginable d’écho endochattales… et on ne veut pas de mes ovocytes ?? Et on me dit qu’on se passera bien volontiers de mes gènes ?

Je ne suis pas exceptionnelle, loin de là (quoi que…) mais ça n’en reste pas moins dur à encaisser. Mes défaut me manqueront presque plus que mes qualités : où sera on nez un peu présent ? Où sera mon menton un peu fuyant ? Où seront mes immenses cils que je tiens de ma mère ? Que je tiens de ma mère….
Que. Je. Tiens. De. Ma. Mère.

Le deuil d’un enfant de l’amour a été fait, le deuil d’un enfant de l’insémination a été fait, le deuil d’un enfant issu de FIV a été fait, le deuil d’une grossesse a été fait (mais j’ai dû y revenir puisque les résultats du DPI sont nullissimes, je vais donc devoir me taper les nausées, les hémorroïdes et les douleurs de l’accouchement, chouette !) , le deuil d’un enfant miracle a été fait.
Il faut maintenant faire le deuil de mes gènes, de tout ce qui me définit scientifiquement, de mon ADN…

Je sais bien que l’humain est plus que ça, que l’innée et l’acquis… blah blah… et qu’ils auront mes mimiques et mes expressions et gnagnagni et gnagnagna… mais il n’empêche, c’est dur.
Je sais que je n’ai pas le choix. Je sais que je veux être mère. Je sais que c’est le prix à payer. Je sais que j’aimerai mes enfants plus que tout au monde et que j’essaierai d’être la meilleure mère pour eux.
Mais là, à cet instant, avant que l’enfant ne sois là, avant même que la clinique n’ait trouvé une donneuse (qui, j’en suis sûre, sera parfaite), là, maintenant, tout de suite : je doute. Je suis triste. J’ai peur.

Mon ego est-il démesuré ? Mon narcissisme m’empêche-t-il de voir les merveilleuses chances qui s’offrent à nous ? Est-ce normal de douter ?

Et vous ? Comment avez-vous fait pour surmonter ça ?

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La meilleure FIV de ma vie

 

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Ma vie est un film d’Hollywood ! Ça tombe bien, c’est là que je suis allée faire des gosses (enfin, que j’ai essayé…) !

J’ai commencé fin avril une FIV avec un docteur américain pour nous permettre de faire un PGS afin de vérifier la viabilité de nos embryons et pouvoir faire appel à une mère porteuse si les embryons étaient normaux.

Après une écho de contrôle concluante, the doctor décide qu’il est temps pour nous de prévoir une écho endochattale américaine pour un meilleur suivi, au plus près de nos follicules.
Nous sommes mardi (1er mai, c’est important pour la suite). Il nous donne rdv pour le vendredi, nous décidons donc de partir jeudi afin d’arriver, après plus de 15h de voyage à l’heure ! (tu suis ?)
Tout va bien, nous avons le temps de préparer notre départ, de commander les piqures manquantes le mercredi (puisque nous sommes le 1er mai). On prend donc des billets (hors de prix, dernière minute oblige !) pour Los Angeles.
C’était sans compter la grève des pilotes d’Air France !!!! (Je vous préviens, ce post est plein de rebondissement, je vous avais dit que c’était un film hollywoodien !!)
Nous recevons donc un mail d’air France qui nous prévient de ne pas trop compter sur notre vol du jeudi, ni sur ceux du vendredi, ni du samedi…
Zazounet appelle Air France et l’opératrice nous dit qu’il reste 2 places pour demain, 8h. Demain. 8h.
On les prend.
On annule tous nos rdv, on fait les valises en fourrant n’importe quoi dedans, on annule l’esthéticienne, les ongles et même la pharmacie pour prendre les piqures restantes (on est le 1er mai bordel !)
On part à poil (et c’est le cas de le dire puisque je vous rappelle que j’ai annulé l’esthéticienne !!)
Le lendemain, à 8h, nous voilà partis. A l’aventure. Faire une FIV suivie d’un PGS dans un pays lointain,  en y mettant toutes nos économies et tous nos espoirs…

Et nous avons fait un voyage extraordinaire.

D’habitude, Lors de nos multiples traitements de FIV et autres réjouissances, comme vous, je me levais à 5h du mat’, courrais à l’écho, courrais à la prise de sang, courrais au boulot, m’épuisais jusqu’au soir, attendais les résultats, me piquais un peu partout et recommençais le lendemain. Puis la ponction arrivait, on prenait la journée et on repartait au front et au boulot en attendant plein d’espoir l’appel du labo.
Cette fois ci nous sommes partis, un peu en catastrophe il est vrai, à l’autre bout de la terre donc nous n’avions ni contrainte, ni urgence, ni quotidien, ni routine… Nous étions libres.
Comme en France, il faut faire une écho tous les deux jours environ. Comme en France, tu te piques et ta peau ressemble à une passoire en fin de traitement. Comme en France, ton ventre quintuple de volume. MAIS le reste du temps, tu es en vacances, tu visites, tu découvres une nouvelle façon de vivre, tu manges bien (si si, on Californie, tout le monde mange bio, vegan et local !!) et tu kiffes la life !!!!

J’ai donc vécu la meilleur FIV de ma vie et de tous les temps.

Quelques infos pour celles que ça intéresse :

  • Ça coute cher. Très cher. Si vous pouvez (et qu’Air France ne fait pas grève à la dernière minute), partez avec vos piqures et votre matériel. Chaque jour de traitement coute 500$ environ…. Chaque. Jour. De. Traitement. En fait c’est le même prix qu’en France mais nous avons l’immense chance d’avoir un système de couverture sociale exceptionnel.
  • Les docteurs sont très accessibles. Ils donnent leur numéro de portable et répondent à vos textos !!! J’ai dû envoyer un message à 23h pour poser une question essentielle et le mec m’a répondu à la seconde ! Le lendemain, je me suis platement excusée de l’avoir déranger, ce à quoi il a répondu qu’un docteur devait être joignable 24h/24 et que c’était lui qui s’excusait de ne pas m’avoir donné d’information plus claires ! je l’ai regardé avec des yeux ronds, on n’a vraiment pas l’habitude !!!
  • L’anesthésie générale s’est très bien passé. L’anesthésiste (à ma demande) m’a fait une anesthésie très légère, je me suis réveillée comme une fleur qui éclot dans la rosée du matin, une vraie princesse.
  • Les infirmières m’ont appelé « my sweet baby doll » tout au long du traitement et m’ont vraiment chouchoutée.
  • Ils ne font pas la prise de sang avec l’écho tous les deux jours comme en France. Ils se tamponnent le coquillard de nos taux !! (sauf si vous présentez un risque d’hyperstim, j’imagine…)
  • Ils ne font que les examens indispensables et tout est transparent. Vous recevez vos résultats et ils vous sont expliqués par la coordinatrice du cabinet.
  • Pleins d’espoirs que nous étions nous avions aussi pris rdv avec l’agence de mère porteuse. Nous avons rencontré une mère porteuse, enceinte, qui nous a expliqué sa démarche et la joie qu’elle ressentait à aider une famille à se construire. La générosité dont ces femmes font preuves nous a épatés.

En résumé, nous nous attendions à quelque chose de beaucoup plus mercantile. En réalité, s’il est vrai que les traitements et les agences sont très onéreux, les patients et parents d’intention se sentent vraiment entourés et écoutés. Il y a un véritable échange et c’est extrêmement agréable pour les numéros de dossiers que nous étions devenus.

Pour raconter la suite hollywoodienne, 4 ovocytes ont été prélevés. 2 étaient anormaux, 1 était immature et 1 ovocyte a été fécondé.
Le lendemain, nous recevons un mail de la coordinatrice, la fécondation n’a pas eu lieu. Nous n’avons plus rien, nous sommes dépités.
Le lendemain, nous recevons un mail de la coordinatrice, la fécondation a finalement eu lieu dans la nuit et l’ovocyte immature a maturé et sera fécondé dans la journée. Nous avons donc un embryon.
Le lendemain, nous recevons un mail de la coordinatrice, nous avons deux embryons en parfaite santé. Tu imagines notre joie.
Le lendemain, nous recevons un mail de la coordinatrice, les embryons se développent un peu lentement.
Le lendemain, nous recevons un mail de la coordinatrice, les embryons ont arrêté leur développement. C’est fini. Juste avant de pouvoir faire le PGS. Je vous laisse imaginer notre tristesse et ce sentiment d’avoir dépensé toute cette énergie et d’avoir fait tout ça pour rien. Ou presque. Parce qu’on a nos réponses, nos embryons ne se développent pas.

Hollywood peut aller se rhabiller à côté de la vie de nos cellules !!!

On n’a pas eu le « happy end » qu’on espérait de tout cœur mais on a vécu une expérience hors du commun !
Malheureusement, notre rêve américain s’est envolé.
On se concentre maintenant sur le rêve espagnol et on voit enfin la vérité en face : il nous faut un don.

La suite de nos aventures au prochain épisode….

Make our hope great again

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Notre choix s’est arrêté sur une agence et une clinique.

Le risque lorsqu’on fait ce genre de parcours est de tomber sur des agences ou des cliniques qui flairent les pigeons désespérés et qui les pillent sans vergogne. Les couples se retrouvent alors ruinés et sans enfant…

Nous avons suivi un chemin déjà balisé pour pouvoir balayer cette crainte.

Lors d’un « thé Bamp », j’ai fait la connaissance d’une copine de galère qui avait fait le choix, comme nous, d’avoir recours à une mère porteuse. Nous avons échangé des informations, nous avons sympathisé et nous nous soutenons mutuellement dans cette aventure. Une connaissance à elle nous a donné de très bons retours sur une agence. Nous avons décidé de passer toutes les deux par la même agence.

Les rdv par skype se sont alors enchainés : La présentation de l’agence, le docteur, le pôle financier et même une mère porteuse qui nous raconte à quel point c’est épanouissant d’aider des couples à fonder une famille… (Cet entretien là était vraiment impressionnant : enceinte de 6 mois pour sa troisième grossesse pour autrui et sa cinquième grossesse en tout (tu suis ?))

Lors de notre rdv avec le docteur, il m’a demandé quand débutait mon cycle. Il se trouve que je venais de contempler ma petite culotte (tu veux les détails ?)… J’ai répondu « right now » !
Et le docteur de me rétorquer : « if you want, you can start today »
Today… today…. Genre… TODAY ???
TODAY !
Ok, c’est parti !!!! (enfin ça s’est pas vraiment passer comme ça… on  en a discuté pendant des heures et on n’a quasiment pas dormi de la nuit pour finir par prendre cette décision !! C’est bien beau de parler mais quand ça arrive vraiment, on fait moins les malins !)

Mais le fait est que ça y est, on y est, c’est parti !!!

Le doc américain m’a mitraillé d’hormones (ils rigolent pas les amerloques !)
J’ai un rdv pour l’échographie le 1er mai (va trouver un centre ouvert, qui veut bien te prendre alors que t’es pas en traitement chez eux… grand moment !)

Et hop ! Direction Los Angeles, sa plage et ses grands boulevards !

Le début de la suite

Bonjoooooour !

De retour après des mois et des mois d’absence, je reviens vous raconter.

Nous nous étions quittés sur une grossesse extra-utérine à rallonge bien sympathique. Et un cerveau au bord de l’implosion.

J’ai eu besoin de m’éloigner de tout ça.Ne plus écrire et décrire mes malheurs, mon désespoir et ma tristesse.
J’ai suivi de loin vos aventures, me suis réjoui des bonnes nouvelles et pesté contre les mauvaises mais je suis restée discrète (comme vous avez pu le constater).

Mon cerveau va beaucoup mieux et, ayant toujours la tête dans l’utérus, notre histoire continue.

À la suite de cette aventure et après une bonne pause bien méritée, nous sommes repartis en guerre contre DNLP… et nous l’avons perdue !
Nous avons perdu chaque bataille.
Chacun des espoirs, chaque étincelle, chaque flamme se sont soldés par un échec.

Notre magnifique Hope (merci la blogo) n’a plus de joker. Ma réserve ovarienne est catastrophique, ma muqueuse utérine est fine comme du papier cuisson et parsemée d’adénomyose, endométriose et tout le toutim.

Mais nous ne nous avouons pas vaincus (on est un peu dingues, nous les Pmette ! L’espoir nous fait faire des choses vraiment insolites !!)
Avec l’appui de Hope et son soutien indéfectible, nous voilà sur le départ pour l’étranger.

A l’heure actuelle, nous ne savons pas encore ce qui débloque : nos embryons sont-ils viable ? Mon utérus est-il confortable ?
Pour le savoir, nous avons donc besoin de faire un PGS (soit DPI en français mais comme nous n’avons pas de maladie génétique déclarée, cela est interdit en France, donc on va l’appeler PGS : pre-genetic-scan in english please !)
Cela va nous permettre de savoir si ce sont nos embryons les gros débiles (nous passerons alors au don) ou si c’est mon utérus le fâcheux (nous ferons alors appel à une mère porteuse).

Nous partons aux États-unis d’Amérique ! Là où tout est possible ! Nous allons vivre notre rêve américain (celui où il y a un gosse à la fin) !
Moyennant finance (of course), tous les examens sont possibles ! Toutes les combinaisons aussi ! Mère porteuse, pas mère porteuse, don, double-don, examens de scan des embryons, sélection…. TOUT EST POSSIBLE ! BIENVENUE À GATTACA.

Éthiquement, nous suivrons nos convictions. Ceci étant dit, plus nous avançons, plus nos convictions s’affaiblissent devant notre désespoir. Notre désir d’enfant est prégnant (pregnant… tu l’as ?). =

Il y a quelques décennies, l’avortement était interdit, la PMA était honteuse et le don n’existait même pas…
Nous avons la chance que la recherche et les techniques évoluent et de pouvoir accéder à la maternité ou à des avancées médicales magnifiques qui sauvent nos enfants prématurés, réparent les cœurs, greffent des organes (de personnes décédées ou vivantes) et d’autres exploits plus extraordinaires les uns que les autres mais qui poseront toujours des problèmes éthiques.

Alors nous aussi, nous allons espérer avec les médecins et nous donner la possibilité de fonder une famille.
Qu’importe si ce ne sont pas mes gènes ou pas mon ventre qui donne la vie. Ce sera notre enfant, nos enfants, notre famille.
Ça a été très dur à accepter mais maintenant, nous sommes prêts.
Nous nous mettons en route vers la parentalité.

Je partagerai cette aventure, cette suite que nous n’avions jamais imaginée, cette incroyable épopée qui nous permettra, je l’espère, de ne pas faire de l’échec la norme.

To be continued…

Je suis VRAIMENT exceptionnelle

Après une bonne tranche de rigolade hier et des examens à la pelle aujourd’hui, je me mets enfin à écrire mon article. Chose promise, chose due !

Depuis le début de cette grossesse extra utérine, j’ai des douleurs à gauche mais personne ne trouvait sa localisation.
J’ai fait 7 échos avec 4 gynécos différents et personne n’a été capable de découvrir où se logeait cet embryon ! Juste un petit kyste à gauche qui n’évoluait pas mais rien d’alarmant.

Depuis quelques jours, les douleurs se sont amplifiées à gauche de même que mon stress lié à une rupture de trompe. Je casse les pieds de Zazounet tous les soirs en lui disant que je risque de mourir d’une hémorragie interne dans la nuit. Un vrai moment de bonheur ! Moi, la guerrière, me voilà devenue une flipette pleurnicheuse… la loose !

Hier, il n’en a plus pu et m’a trainé de force aux urgences. Grand bien lui en a pris.

Le gynéco s’est senti très concerné et a voulu me garder pour une cœlio en urgence. J’ai supplié, j’ai pleuré, j’ai tempêté. Il s’est ravisé. En effet, Le seul truc qui le titillait c’est de ne pas savoir où chercher. Il a donc ordonné une IRM en urgence ce matin, un nouveau taux et une écho avec THE appareil. Il est parti à la recherche de la grossesse.
Ce matin donc, me voilà à faire la tournée des grands ducs des hôpitaux de ma ville.
Labo, IRM, Écho, Gynéco, tout le monde est sur le pont pour pouvoir m’opérer dans la journée. Pas le droit de boire ni de manger au cas où.

Et là… Surprise ! Ils trouvent enfin !!! Une grossesse, non évolutive (merci mon Dieu) sous l’ovaire à droite ! Oui, à droite !! Là où je n’ai aucune douleur !!! Sous l’OVAIRE !!!

Environ 3% des grossesses issues de FIV sont extra utérine. Déjà, tu te sens exceptionnelle.
Dans le cadre d’une GEU, 99% des grossesses sont tubaires (dans la trompe) et seulement 0,5% sur l’ovaire (les 0,5% restant sont les autres localisations). J’avais donc 0,015% de faire cette grossesse ovarienne.

Là tu te dis que tu es l’élue. L’élue de DNLP. Elle m’a choisie pour me faire chier jusqu’à la moelle.

La cœlio est donc encore plus embêtante puisqu’ils doivent inciser dans l’ovaire. Alors, autant une seule trompe permet d’avoir de l’espoir en FIV, autant, un seul ovaire, ça réduit complètement tes chances (surtout vu l’état de mon AMH, je rappelle que pour cette fiv, on n’a ponctionné que 4 ovocytes : 2 à gauche et 2 à droite) !
J’ai donc négocié âprement pour éviter la chir. Mon gynéco m’a laissé 24 heures. Nouveau taux demain. S’il n’a pas suffisamment baissé, il programme la cœlio pour mercredi. Je reste sur le qui-vive. J’y crois. Je me dis que c’est possible, que mon taux peut baisser et me laisser du répit et 2 ovaires….

La suite de mes aventures rocambolesques demain

Bisous.

Psychologie quand tu nous tiens… 

Je sors des urgences. Je ferai tout un article là dessus parce que je suis encore toute retournée (genre, on vous garde pour la cœlio, on va enlever votre trompe… Drame, pleurs, angoisse, etc) je suis rentrée quand même chez moi avec 15 jours d’arrêts supplémentaires et une suspicion d’opération cette semaine. 

BREF… C’est pas là où je voulais en venir. 

Mon point principal c’est ÇA ! 

  
C’est tellement ÉNORME en terme de psychologie que j’ai éclaté de rire ! 

Je me suis dit que vous méritiez amplement votre tranche de rigolade en ce dimanche soir ! 

Bisous. 

Enfin !

Mon dernier article date d’une dizaine de jours et chaque étape depuis a été une mauvaise nouvelle. Après la piqûre de Méthotrexate, mon taux a continué de grimper et de grimper. Je continuais de bosser et de bosser.
Me noyer dans le travail me maintenait en vie et m’empêchait de m’effondrer. Jusqu’à la journée de trop…

Vendredi, mon gynéco (qui d’habitude est gentil et prévenant) me dit que je dois refaire une piqure de Métho (oui, je l’appelle par son petit nom maintenant…) et sa secrétaire (la désagréable, pas la gentille) m’oblige à passer au cabinet à l’autre bout de la ville pour récupérer mon pauvre bout de papier (parce qu’elle n’a pas le temps de l’envoyer par mail). Ce que je fais. Elle me jette mon ordonnance à la figure, m’aboie que le gynéco est débordé et que si ça ne va pas, je dois aller aux urgences… Charming.

Je me rends donc à la pharmacie avec mon sésame pour la piqure et là… coup de théâtre ! (je le fais bien hein ?!) la pharmacienne est choquée, elle me dit que ce produit doit s’injecter sous surveillance hospitalière, qu’elle ne peut pas le commander et qu’il faut que j’aille à l’hôpital. Une autre pharmacie confirme. J’appelle le cabinet qui est désormais fermé. J’appelle mon ancienne gynéco de Paris, avec qui j’ai gardé d’excellents rapports, qui confirme aussi… Je fonds en larme. Je me sens isolée, incomprise, mal prise en charge.
Je me rappelle que c’est moi qui avait exigé la PDS supplémentaire qui avait mise en évidence la GEU, que chaque rdv a été fait en urgence, en l’absence de mon gynéco et que maintenant qu’il était rentré de vacances, ce n’était pas mieux… j’en peux plus, je craque complètement ! Heureusement qu’on commence à s’y connaitre un peu en gynéco et surtout qu’on partage nos expériences (merci encore Simone, tu as probablement sauvé ma trompe)
J’écris donc un mail à mon gynéco en lui disant que j’ai désormais besoin de son aide et qu’une prise en charge adaptée est nécessaire et je me rends à l’hôpital.

On me refait cette satanée piqure. Pour cela, on me fait entrer dans une salle de naissance. Tout est prêt pour accueillir une femme qui donne la vie et, dans ce lieu que je souhaiterais connaitre plus que tout au monde, on m’injecte un produit qui tue.
Je repars en miette.
Le lendemain, le gynéco me voit entre deux patientes… Il sent qu’il a merdé et essaye de me faire croire que les pharmacies exagèrent mais il est dans ses petits souliers.
Les jours suivant sont rythmés par les nausées et la fatigue, je suis en arrêt maladie. Je suis devenue un zombie.

Mais… Ce matin, nouvelle PDS mon taux a enfin chuté !!!! Je suis passé de 5900 ui à 4405 ui… ENFIN !
J’espère avoir évité la cœlioscopie et valoir mieux qu’un éléphant (qui n’a qu’une seule trompe… tu l’as ?)

J’espère aussi bientôt lire des bonnes nouvelles sur la blogo, qu’on sorte enfin de ce cycle infernal.
Peut-être qu’un jour, un taux qui monte pourra me donner le sourire aux lèvres…

Le trampoline

Ma vie est pleine de rebondissement. J’ai l’impression d’être sur un trampoline.

La semaine dernière, une (des multiples) PDS indiquait un taux qui augmentait encore mais pas assez pour se réjouir (de 319 à 783 en 4 jours). Il expliquait enfin les saignements et les douleurs des semaines passées. Mon gynéco concluait donc à la FC sans plus d’inquiétude :
« – Arrêtez les hormones, on se voit dans 1 mois pour faire le point »
– Une petite dernière PDS pour la route pour vérifier que ça descend ne serait pas du luxe quand même non ?
– Non, ne vous inquiétez pas, ça va descendre. Contrôlez dans une semaine pour vous rassurer si vous voulez. (je précise que le gynéco part en vacances pendant 2 semaines le soir même)
– Ok je fais une pds la semaine prochaine et je communiquerais les résultats à votre secrétaire. »

Depuis, les douleurs se sont complètement arrêtées et je n’ai plus aucun saignement. Je me porte comme un charme et suis sûre que tout va bien aller…

Donc me voilà lundi, bon pied bon utérus ! Je me dirige joyeusement vers le labo, sourire et blagounette aux lèvres. (Tu le sens le rebondissement ou pas ?)
« – Alors, le taux le taux le taux, je regaaaaaarde » *ouvre ton putain de fichier !*. Il a bien augmenté : 2400ui.
-whaaaaaat ?
– là il vous faut une écho en urgence. »

J’appelle donc le secrétariat du gynéco qui me dit d’aller au centre d’écho (en urgence effectivement… Au passage, heureusement que j’ai fait ma chieuse et demandé une PDS…). J’annule tous mes rdv de l’après-midi et me rend là-bas, un tout petit peu nerveuse.

« – Bonjooooour. Vous êtes à combien de semaines de grossesse ?
– Heu, je sais pas du coup, j’ai pas compté comme je suis pas vraiment enceinte.
– Ah si, là vous êtes enceinte. On ne sait pas de quoi ni où mais vous êtes enceinte.
– Wokay. »
Enlève ta petite culotte, mets tes pieds sur les étriers tout froids et c’est partie pour l’endochattale !!
« – Bon, là je ne vois rien. L’utérus est bien vide, la muqueuse est fine. À mon avis, vous avez dû ovuler entre temps et vous êtes en tout début de grossesse.
– Heu… non, c’est pas du tout possible en fait. Ça fait 3 semaines que je saigne et je n’ai donc pas eu de rapports… *mais t’es conne ou quoi ? t’es gynéco ??? j’ai jamais entendu un truc aussi con, je crois que tu as gagné la palme de l’explication la plus pourrie*
– C’est vraiment bizarre. Je ne vois rien nulle part. attendez dans la salle d’attente vous allez voir un second médecin. »
Le second médecin me dit pareil, il ne sait pas… son meilleur conseil est d’attendre que mon gynéco rentre de vacances. Je suis dépitée.

J’exige quand même une PDS de contrôle vendredi, soit hier.  (Je crois que je suis la seule PMette au monde qui espère une fausse couche… Une simple fausse couche, sans complication pour une fois !)

Comme ma vie n’est pas partie pour me donner des bonnes nouvelles ces derniers temps, mon taux  augmente encore : il est passé à 3834 ui… C’est la merde. Je me fais épiler en prévision de la chirurgie, me lave les cheveux et mets ma « culotte confort » pour me rendre à l’hôpital.

On me fait une écho, la gynéco de garde ne voit toujours rien ni dedans, ni dehors. Elle me dit qu’à ces taux-là, s’il n’y a rien dedans, c’est forcément dehors et ordonne la fameuse piqure de Méthotrexate. Elle ne veut pas attendre la complication et m’affirme que plus c’est tôt, mieux c’est. Elle est gentille et compréhensive, ça fait du bien. Je demande l’autorisation de pleurer. C’est oui. Je pleure un peu.

Je donne mes fesses à l’infirmière et me fais donc injecter ce vilain produit. Celui d’une chimio thérapie. Celui qui va tuer des cellules d’un embryon qui se développe. C’est con, je sais qu’il n’est pas au bon endroit et qu’il doit être sacrément con pour s’être logé là mais ça me fait quelque chose.
C’était une chose de se dire que c’était une FC spontanée et s’en est une autre de faire de la chimio pour tuer des cellules vivantes…
Je dis en rigolant qu’au moins, si j’avais un début de cancer, je le stoppe direct ! (comme le Ferv*x quand t’as le nez qui coule) Ahah, Lolilol !

Je repars de là avec mes fesses endolories et un produit qui se répand dans mon corps pour tuer.

J’ai passé une bonne nuit et me réveille ce matin, toujours sans saignements et sans douleurs…

J’attends.

Fini pour Zazounette 

Comme promis, je donne des nouvelles. 

Le taux est n’est passé qu’à 728, beaucoup trop bas donc. 

J’arrête les hormones ce soir et c’est parti pour la FC.

Je reviens donc sur le quai le cœur lourd. Je me suis faite attrapée par le contrôleur qui me met dehors à coup de pieds aux fesses mais je file au comptoir de la gare pour avoir bientôt ma place dans le train je l’espère. 

C’est dur de garder la tête haute au boulot mais je suis obligée… alors je mets mon masque et je souris. 

Je vous remercie infiniment pour vos encouragements et vos croisages. DNLP se joue de nous cette fois ci mais on prendra notre revanche ! 

Je pense fort à Migoune pour sa ponction et à Miss Kangourou qui devait faire sa Pds aussi. Je croise pour vous les filles. 

Bisous. 

Zazounette. 

Trois jours de tranquillité 

Comme promis, je reviens vous donner quelques nouvelles.

Avant toute chose, j’aimerais chaleureusement vous remercier. Pour vos encouragements, pour vos croisages intensifs, pour votre gentillesse, votre présence et votre compréhension. Malheureusement, personne ne peut comprendre ce que l’on vit, ce que l’on souffre, ce que l’on espère, ce que l’on est triste ou anxieuse. Ni la famille, ni les amis, ni même les maris. Nos corps n’appartiennent qu’à nous, les ressentis et les symptômes sont nos quotidiens de l’espoir et du désespoir. Alors MERCI.

Allez, trêve de niaiseries, ça doit être les hormones !! Qui montent ? Qui baissent ?
Seule la dernière PDS demain nous donnera un aperçu du verdict final.

Je récapitule tout : (pas depuis ma naissance, seulement depuis la première PDS !)
Première PDS 3 jours avant la date indiquée sur l’ordonnance mais à 15 DPO faite parce que j’avais commencé à saigner et que je voulais arrêter les hormones (je suis pas super bio mais bon, s’enfiler des hormones par la chatte tous les jours, si c’est pas obligatoire, je m’en passe…) Taux : 11,5 UI. Curieux.
Deuxième PDS 2 jours plus tard, taux : 24UI bizarre… je saigne de plus en plus. Je supplie mon gynéco d’arrêter les hormones, il est intransigeant. J’attends.
Troisième PDS 3 jours plus tard : taux : 101 UI mais toujours saignements et douleurs intenses (je suis partie du cabinet à 16h lundi, blême et chancelante. Or pour que je ne travaille pas, il faut que je sois à l’article de la mort…) ça m’inquiète.
Deux jours plus tard, la veille de ma quatrième PDS, douleurs terribles, je file aux urgences. Pas d’épanchement dans le péritoine (bonne nouvelle !!), utérus vide (normal à ces taux) mais je déguste vraiment. Le médecin de garde est désolé pour moi mais il faut attendre. Spasfon, doliprane, bouillote et patience. Elle a sûrement raison, je m’en vais.
Je retrouve le soir dans mon petit protège-slip (je voulais écrire « petite culotte » mais ça aurait été faux) un amas blanc ressemblant à de la peau (j’espère que tu prends ton goûter). Depuis, plus aucune douleur et quasiment plus de saignements. Je revis.
Quatrième PDS ce jeudi. Taux : 319 UI. J’hallucine complètement. Mon gynéco très optimiste l’est beaucoup moins après le récit des jours précédents.
Il me re-prescrit une PDS lundi (demain donc). Je finis ma semaine soulagée de ne plus souffrir autant et de ne plus me vider de mon sang et j’attends plus ou moins sagement ma PDS.
Soit le taux est au-delà de 1200 UI et on est sur la bonne voie, soit il est en dessous et c’est vraiment foutu.

Mon article aurait pu s’arrêter là…

Bien sûr, comme je ne sais pas faire les choses simplement, aujourd’hui, depuis environ Midi, j’ai recommencé à saigner bien rouge et les douleurs sont revenues de plus belle ! Je me tords littéralement de douleur sur mon canapé. J’hésite à aller aux urgences mais je sais qu’ils ne pourront rien faire de plus que la dernière fois et que ça va me fatiguer plus qu’autre chose.
J’attends donc ma PDS demain en croisant. Je ne croise pas seulement pour porter la vie mais aussi pour arrêter de souffrir ET physiquement et ET psychiquement.
Je suis à bout. Vraiment. Je n’en peux plus. Je suis fatiguée, déprimée, angoissée. Ça devient dur.
Moi qui pensais naïvement qu’après ma semaine de douleurs et saignements terribles je serais enfin tranquille (même si c’était une FC, au moins, c’était fini). Moi qui pensais n’attendre qu’une dernière PDS pour être fixée. Je me rends compte que je n’ai eu que 3 jours de tranquillité, que cette aventure n’est pas finie et que je n’ai pas du tout l’air d’être sur la bonne voie.

La suite de mes aventures rocambolesques demain !